Culture
9 mars 2026
Quais du Polar 2026 : l'interview croisée !
Pourquoi vous levez-vous le matin ?
Jérôme Loubry : Pour nourrir mon chat qui gratte à la porte.
Eva Björg Ægisdóttir : Pour le café ! J'attends toujours avec impatience ma première tasse de cappuccino. J'ai également hâte de m'asseoir à mon bureau et d'écrire chaque jour, surtout lorsque je suis très absorbée par l'écriture de mon livre et que tout se passe bien. Je me réveille en pensant à l'histoire, aux personnages et à ce qui pourrait se passer ensuite.
Qu'est-ce qui vous a amené vers l'écriture de polar ?
Jérôme : Une mauvaise lecture (dont je tairai le titre et l’auteur). Je me suis alors lancé le défi d’écrire un polar et de faire mieux.
Eva : J'ai toujours été intéressé par les gens et par l'aspect psychologique des choses. Les romans policiers permettent d'explorer la nature humaine de manière très intense. Un crime est souvent le résultat d'une succession de petits événements qui tournent mal, et j'aime explorer ces différentes couches et motivations. Pour moi, ce n'est donc pas le crime en lui-même qui a de l'intérêt, mais plutôt les événements qui y conduisent... et ce qui se passe après !
Quelle est la recette d'un bon roman noir ?
Jérôme : Les personnages, l’ambiance et l’intrigue. Après on peut rajouter d’autres ingrédients mais ces trois-là sont obligatoires.
Eva : Pour moi, tout commence toujours par des personnages captivants. Si les personnages semblent réels, le lecteur les suivra partout. Ensuite, il faut de la tension, une bonne intrigue, des secrets et une révélation progressive de la vérité, mais tout cela n'a aucune importance si les personnages ne sont pas singuliers. Je pense également que l'atmosphère est très importante dans le genre noir et je réfléchis beaucoup à la structure et à l'atmosphère dès le début.
Quels sont les points communs entre l'Islande et la France ?
Jérôme : Les bons polars !
Eva : Je pense que les deux pays accordent une grande importance à la littérature et à la narration. Les livres occupent une place prépondérante dans les deux cultures. Comme les Français, les Islandais aiment discuter d'idées et d'histoires !
Comment fait-on pour écrire un roman à 4 mains ?
Eva : Cela demande beaucoup de confiance et de communication. Nous avons beaucoup discuté de l'histoire et des personnages, et avons essayé de nous mettre d'accord sur l'orientation du livre avant de commencer à écrire. Ceci a été un peu difficile pour moi car je planifie généralement très peu lorsque je commence un roman... et je ne connais jamais la fin à l'avance ! Ensuite, nous avons partagé l'écriture, chapitre par chapitre, et lorsque je terminais mon chapitre, j'avais toujours hâte de lire le suivant. Nous avons choisi d'incarner chacun des personnages différents dans le livre, ce qui a bien fonctionné car nos voix sont naturellement très différentes.
Jérôme : On fait confiance à l’autre ! Une fois que le squelette du récit (intrigue, ambiance, personnages) est planté, chacun écrit son chapitre. Si on a des doutes, on en discute ensemble. Mais avec Eva, cela a été très fluide et naturel.
Quel est votre livre de chevet en ce moment ?
Eva : Je lis généralement plusieurs livres à la fois. En ce moment, j'en lis deux. Sur ma table de chevet, il y a un livre d'Olga Tokarczuk, Drive Your Plow Over the Bones of the Dead (Sur les ossements des morts, en français). Et j'écoute aussi un livre audio quand je cours ou que je prépare le dîner, un thriller policier de Holly Jackson, Good Girl, Bad Blood.
Jérôme : La maison vide de Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025. Oui, désolé, mais je ne lis pas de polars…