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Culture
- Publié le 22 février 2021

Laboratoire créatif au MAC

Crédit photo : Musée d'art contemporain de Lyon

De janvier à fin mars, le Musée d’art contemporain met à la disposition de sept artistes son rez-de-chaussée, côté Parc de la Tête d’Or. Un « laboratoire de création » bienvenu pour les aider à créer et innover dans cette période de crise où les expositions s’annulent les unes après les autres.

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Depuis début janvier, à la place de l’ancien café du musée d’art contemporain, sept artistes ont pris leurs quartiers. Sur deux niveaux, chacun dispose de quelques précieux mètres carrés pour réfléchir, créer, expérimenter. Les plasticiennes Louise Porte et Lise Duroux mènent ici des travaux exploratoires. Elles imaginent de petites sculptures, des schémas, des installations. L’une avait un atelier à Paris, l’autre à Villeurbanne qu’elles ont quitté dans le contexte de Covid19.

Nouvelle dimension
Un peu plus loin, Blanche Berthelier voulait mettre à profit ce laboratoire de création pour faire « sortir ses dessins du papier » et construire un « espace immersif » : tout un univers, avec de larges formats, des ombres projetées au sol et des sculptures en papier. « Toutes mes expositions ont été annulées depuis le premier confinement, alors cet atelier éphémère était assez inespéré. Cela m’a permis de tirer parti de cette période de flottement et d’essayer une nouvelle dimension, avec la sculpture. Je crée chez moi habituellement et je n’ai pas d’espace pour travailler ces formats. Je voulais aussi essayer quelque chose de plus physique, de moins silencieux que le dessin », précise-t-elle. Elle a laissé sa place le 7 février dernier à Nawelle Aïnèche, costumière de formation, qui va tisser des épingles à coutures jusqu’à la fin du mois de mars et mener un travail autour de l’ikebana japonais en vue d’une performance estivale. Les équipes du MAC ont transporté au musée son imposant métier à tisser. Installé juste au-dessus, sur la mezzanine, Jérôme Lavenir a pu lui aussi bénéficier du matériel de l’atelier de menuiserie du MAC pour travailler sur les maquettes des pièces imposantes qu’il exposera début mai à Migennes, au bord du canal de Bourgogne.

Coup de pouce
Les artistes ont été sélectionnés suite à un appel à projets, publié fin novembre. Pour être éligible au dispositif, ils devaient résider dans la métropole de Lyon ou à proximité immédiate et avoir un projet en cours ou déjà engagé. « La sélection ne s’est pas fait sur des critères esthétiques et les artistes ne seront pas exposés au MAC», explique Muriel Jaby, directrice de la communication. « C’est un coup de pouce du musée à des plasticiens lyonnais ou installés dans la région, qui n’ont pas de statut spécifique, à la différence des artistes du spectacle vivant par exemple, et dont les expositions s’annulent les uns après les autres. Ils sont dans des situations cruelles et cruciales ». La volonté d’Isabelle Bertolotti, la directrice du MAC était aussi de leur permettre de retrouver du lien avec d’autres artistes, une émulation, dans cette période trop calme. Pendant trois mois, cette partie, indépendante du reste des espaces du musée est mise à leur disposition : ils disposent d’une clef, peuvent venir travailler en toute autonomie, en semaine et durant le week-end.

Energie collective
Anto Cabraja est intarissable sur son projet d’exposition à l’Insa en mai et sur cet atelier, plus spacieux que la pièce où il travaille habituellement. Il se dit gagné par une énergie collective : « J’ai tout de suite ressenti l’idée du laboratoire. Consciemment ou inconsciemment, nous avons été influencés les uns par les autres. Ici, je peux réaliser pleinement mes dessins. Et puis, regardez la vue que j’ai d’ici », sourit-il en montrant du doigt les grands arbres du Parc de la tête d’or.

 

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